Une nouvelle fois c’est la spécialiste reconnue mondialement Silvertongue qui nous offre sa critique du dernier volet des aventures du sorcier à lunettes. Merci à elle pour sa plume aussi affûtée que sa langue
Avant Première de feu, records inscrits au Guinness World Record, acteurs aussi drôles que charmants, présentateur, let’s face it, aussi rigolo que ridicule, et un site, well, un site prêt à accueillir les quelques 6500 spectateurs… Alors il va de soi que ça coupe un peu le souffle quand on rentre dans cette salle et que l’on voit la foule. Il va de soi que l’écran, même de très très loin là-haut sur les gradins, est sacrément impressionnant ; il va de soi que l’ambiance est juste de ouf quand 6000 fans se retrouvent enfermés dans un même lieu…

Mais il va de soi, aussi, que toute cette petite folie a ses limites, malheureusement. Certes la manifestation était magistrale (attention, attention, 2 records inscrits au Guinness : le plus grand écran 3D au monde et le plus grand public réuni pour une projo 3D… On nous l’a assez répété, il fallait donc le re-dire !), mais du coup, et bein un bruit tout aussi tonitruant (hurlements et tonnerres d’applaudissements toutes les 10 minutes et pour des choses aussi variées que le dragon qui s’envole à l’Avada Kedavra dans la forêt… oui, oui, oui, allez comprendre !), et une salle qui n’est, malgré tout, pas une salle de cinéma, et donc un mal au derrière à l’image de celui des frères Weasley lorsqu’ils testent les bonbons de la skiving snackbox pour la première fois (mouhahaha).
Place au film !
Une page se tourne, un film s’achève, et l’impression laissée après coup est… la peine.
La peine de voir cette saga ciné – comme son aïeul littéraire en 2007 – se terminer, mais surtout la peine provoquée par l’adaptation de ce dernier opus. Car oui, très chers sorciers, moldus, et autres cinéphiles, bien que la qualité cinématographique soit au rendez-vous et de très haut niveau, l’adaptation fera certainement grincer des dents nombre de fans de l’univers de Rowling.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos sorciers à lunettes. Nul n’est besoin aujourd’hui, de présenter Harry Potter ou son succès mondial, aussi bien à travers les romans, que les films. En novembre dernier, David Yates nous présentait la première partie de son adaptation du 7e roman. Vous vous en souvenez sans doute, mais après une demie heure de camping, de très belles images et, admettons le, un peu d’action quand même, nous nous retrouvions dans le désarroi le plus total, quelques secondes seulement après la mort de Dobby et les fantasmes nécrophiles de Voldy, ce dernier venant tout juste d’ouvrir le tombeau de Dumbledore pour lui voler sa baguette (j’ai dit sa baguette, petits obsédés !). Le second volet de l’adaptation des Hallows annonçait donc action, course poursuite hallows/horcruxes (de quoi ?), action, dénouement et encore action. Action donc ? Et bien non ! Enfin pas autant que souhaité. Car le film n’est pas emmené par l’action brûlante qui nous empêchait de lâcher le bouquin de Gringotts à Poudlard, non, le film est porté par tout autre chose : la peine, ou plutôt la nostalgie.
La peine donc, tout d’abord des 15 premières minutes un peu décousues, où rien ne se passe vraiment, où les images s’enchaînent, mais les explications attendues ne viennent pas. À la troisième minute du film on arrive à Gringotts, à la 6e minute on en est sorti, et même si les images et les effets spéciaux sont remarquables, on y est pas vraiment. Fidèle aux scènes du 4e film, la moitié de Diagon Alley est écrasée par le dragon lorsqu’il prend son envol… Toutes blagues à part, (Allez j’en fais une petite quand même… Après Harry Potter fait du camping, attendez-vous à aller voir, non pas les Deathly Hallows, mais Harry Potter fait de l’escalade, qui l’eut cru ?) certains éléments clés de l’histoire, comme par exemple la course poursuite hallows/horcruxes sont complètement effacés – pour les fans, vous vous souviendrez sans aucun doute de la scène à Shell Cottage, lorsqu’Harry est tiraillé entre sa quête des horcruxes et l’envie de posséder les hallows, sa décision finale de parler en premier à Griphook et donc de faire passer les horcruxes en premier. Quelques déceptions donc dans les choix faits par l’équipe et de la peine même face à certaines scènes qui perdent en action, en signification, en émotions même, dans cette adaptation.

Puisque l’on parle d’émotions, un mot sur la touche « nostalgie » du film. Oui, mesdames, préparez vos mouchoirs car s’il y a bien une chose que vous ferez, c’est pleurer. Yates a en effet joué la carte mélancolie du début à la fin et il est difficile de ne pas être ému par certains passages. Car voilà, Yates nous emporte dans son univers adapté des romans, et par de savants ajouts ici ou là (attention aux scènes dans la pensine), force est de constater que l’on se transforme bien vite en madeleine. S’ajoute à cette ambiance une BO absolument fantastique – du très grand Desplat, il n’y a pas à dire – et vraiment, de somptueuses images. C’est bien la première fois que la 3D ne me dérange pas. Elle donne du relief, tout juste ce qu’il faut de profondeur, les plans ne se superposent pas, les scènes d’action ne sont pas floutées, bref, les images sont de très très bonne qualité (si la scène de Gringotts sert à quelque chose, c’est bien à nous émerveiller visuellement).

Mais c’est là que le bât blesse. Dans le roman, une fois le premier tiers passé, l’action va crescendo, si bien que l’on se retrouve happé par les derniers chapitres, et si la peine est une émotion bien présente à certains passages, elle n’est certainement pas le leitmotiv du livre, bien au contraire. Entre la quête, la course contre Voldemort et les dialogues mordants, le lecteur passe du rire aux larmes, de la peine à l’espoir et finit par sauter de joie lorsqu’Harry achève Voldy (« We did it! We bashed them, wee Potter’s the one! And Voldy’s gone mouldy so now let’s have fun!« ). Mais là non. Les dialogues manquent (Ron à lui seul doit avoir 4 lignes) et malgré quelques blagues bien placées, l’émotion principale reste de loin la nostalgie, preuve en est d’ailleurs la scène du combat final, qui, au-delà des effets spéciaux, manque sincèrement de piquant, de réjouissances et peut être tout simplement d’hystérie.

Je reviens donc à ce que je disais au début, qualité ciné au rendez-vous, mais adaptation un peu décevante pour les fans, même s’ils se retrouveront certainement portés par cette ambiance nostalgique de fin de saga (sortez les mouchoirs). Cela étant dit, si l’avant première fans à Bercy ne réunissait pas les conditions rêvées pour s’immerger dans le film, elle m’aura au moins permis de voir le film sous un autre angle. Arrachée au côté nostalgie par les hurlements de certains moldus complètement siphonnés du bocal, j’ai pu, lors de ce second visionnage, apprécié le côté plus « action » du film, qui m’avait parut trop absent lors de mon premier visionnage au milieu de journalistes tout aussi sérieux qu’émus.
Mais après tout, le film n’est pas là que pour les fans, et si vous voulez être bouleversés, voir de belles images et surtout rencontrer Harry 19 ans plus tard (attention, c’est du lourd), rendez vous en salles !
Harry Potter and the Deathly Hallows (partie 2) En salles depuis le 13 Juillet 2011
La Bande annonce !





Hum, je suis étonné de voir tant d’engouement face à un film sur Harry Potter.
Les hallows, ce sont les reliques de la mort je suppose. Si je me souviens bien du roman, ces reliques ne servent à rien. Il s’agit d’une invention de l’auteur pour combler du vide ( comme pas mal de choses dans les précédents roman ).
Bref, les images que tu as tiré du film semblent de bien meilleure qualité que les précédents films alors … En fait non, je n’irais pas le voir. Le roman était trop terriblement nul pour aller le voir mais il y a du mieux on dirait ^^
Oui les Hallows sont bien les reliques et sans rentrer dans les détails, c’est ce qui permet à Harry de gagner le combat final.
Pour ce qui est du film, les images sont en effet de bonne qualité. En fait – si tu mets l’adaptation de côté – il est vraiment bien fait. Et encore une fois, l’adaptation du bouquin et le rendu de certaines scènes n’intéressent vraiment que les fans…
Donc regarde-le, peut être en DVD pas au cinéma, parce que ça vaut quand même le détour !